Les Egarements Monumentaux

novembre 26, 2008

Notre-Dame de Paris plie mais ne rompt point

Nous sommes ici dans les premières travées de la nef. De fines colonnes s’élancent des piles massives des grandes arcades comme des branches gourmandes. Mais comment résister à ce voisinage dangereux, celui de la façade, qui exerce ici son poids formidable, déforme et contraint tout autour de lui ?

Une proximité qui contraignit les architectes et les maçons à modifier l’ordonnance sévère du grand vaisseau, en reliant la nef et le massif occidental par une travée renforcée, qui agit comme un contrefort intérieur disposé dans le sens de la nef : petites fenêtres hautes, tribune à deux lancettes au lieu de trois. La façade, pourtant, fut élevée comme un édifice à part, à l’instar de la plupart des parties d’un bâtiment gothique, caractérisé par la redondance des éléments porteurs. Que l’on songe à la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais qui connu deux incidents catastrophiques, la chute du voûtement de son choeur et l’effondrement de sa tour lanterne, la plus haute d’Europe, près de 150 ans plus tard. Dans les deux cas le reste du bâtiment n’en fut pas affecté ! Cette solidité entêtée de la forêt gothique valut bien des malheurs aux bourreaux qui s’y attaquèrent, en particulier pendant la révolution française et le spéculatif XIX ème siècle.

Mais revenons à Notre-Dame de Paris. Ce n’est pas seulement au niveau des premières travées que l’on perçoit les conséquences de la façade. L’observation attentive des portails montre un tassement et une déformation qui nécessita une reprise de l’ensemble lors de l’achèvement, dans les années 1230-1240. J’y reviendrais bientôt.

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