Les Egarements Monumentaux

mai 22, 2008

La chapelle de la Vierge avant 1756, selon Blondel (Eglise st-Roch, VIII)

Filed under: église st-Roch, Paris — pfbenoit @ 11:35

Que serions-nous sans Blondel et son legs précieux, l’ Architecture Françoise, publié en 1756 ! L’ouvrage est un monument qui dresse pour notre admiration les plans, élève les façades, détaille les coupes et pare de sculptures et de peintures les bâtiments les plus en vus de son époque : l’architecture moderne du milieu du XVIII ème siècle. Par chance, on y trouve aussi des édifices plus anciens, comme l’église saint-Roch de la rue du Faubourg st-Honoré.

On y trouve ainsi une belle coupe de la chapelle de la Vierge, qui n’avait pas reçu encore la Gloire du sculpteur Falconet, mais offrait déjà son programme sculpté au complet.

Nous y reconnaissons la voûte peinte par Pierre. Précieux témoignage, les verrières en grisaille d’origine y sont visibles, remplacées aujourd’hui par un programme du Second Empire dédié à l’ Immaculée Conception, dont la principale vertu est de parer la chapelle de couleurs vives. Les verrières solennelles du XVIII ème siècle offraient à l’oeil de l’amateur ou du fidèle de petits médaillons que l’on regrette, dans la manière de faire les vitraux à cette époque, mais, sans couleurs, elles risquaient fort d’apparaître bien tristes.

A droite de l’autel, on reconnaît une statue du Christ ressuscité, presque nu et portant la croix, sur le modèle définitif de Michel-Ange, qui avait fait du Sauveur un gladiateur victorieux auréolé d’une gloire immortelle. A saint-Sulpice, on retrouve ce motif repris d’une manière touchante et pathétique par Edme Bouchardon dans sa belle statue du transept (ci-dessous). La figure de Bouchardon est un paradoxe : de loin, dans la pénombre de ce grave vaisseau, elle parait être un Christ ressuscité. Approchons-nous, et elle se mue en un Christ à la colonne – subissant avec la résignation d’un agneau les outrages des tortionnaires. Mêlant les motifs, cette statue contient en une pièce l’agonie à Gethsemani (« Père si Tu veux, éloigne de Moi cette coupe » LUC 22-42), la Passion, et la promesse de la Résurrection contenue dans la ressemblance formelle avec un Christ Ressuscité. On est ici, grâce à Bourchardon et ses commanditaires, loin du génie formel mais intellectuellement pauvre d’une certaine sculpture baroque ; pour ceux qui veulent lire, cette statue est tout un livre.

La statue de st-Roch, pour sa part, a disparu … On conserve sûrement le nom de son créateur.

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